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En prévision de mai...
Au royaume de Son Altesse Vitis Vinifera c’est l’effervescence. Les sujets de sa majesté sont en plein développement. C’est à qui déroulera le plus vite son limbe brillant clair et tendre sans plis ni accrocs. Les plus jeunes, telles de petites étoiles aux tons pastels sont encore gainées d’un duvet protecteur. Les premières sorties, ayant supporté les affres des derniers frimas d’avril étalent leur verdeur mate devant les délicats boutons floraux.
Les plus joueuses envoûtent de leurs arabesques tout autour d’elles. Pourtant, chaque jour, malgré l’approche de la sérénité estivale, l’ambiance devient de plus en plus fébrile.
Ce matin, Il y a réunion du conseil à la Maison Blanche. Sont invités le vigneron, le gourou, le consultant, le vendeur de produits phytosanitaires, le psychologue et moi.
Au rapport, les nouvelles n’étaient pas bonnes. De nombreuses attaques ont été recensées. D’ordinaire, la chute du baromètre s’accompagne de brumisations bleutées pour tendre la peau de chacune.
Puis, peu de temps après, tout le monde passe à la douche. Mais là, il y a plusieurs jours que personne n’a reçu son baume protecteur ; simplement les douches. De plus, on a interpellé un individu particulièrement suspect s’exprimant maladroitement. Il aurait dit « Maille neyme is DIU ». Il porte une veste jaunâtre, un pantalon brun chocolat, une perruque blanche et de grosses chaussures noires.
Il a un sourire narquois et s’attaque à tous, de préférence aux sujets faibles et, très vite il a abandonné les organes foliaires pour brûler les fruits.
Grand Père marmonne toute la journée :
-- "Milles dius ", " Milles dius ".
Que vient faire le Bon Dieu là dedans. Il est toqué Grand Père mais les autres aussi d’ailleurs. Ca vrombit partout, ça téléphone dans tous les sens, ça se gratte la tête. Et lui l’étranger, il ri.
La crise dure depuis plusieurs jours déjà. Ce temps chaud est humide.
Et puis on ma dit « Et toi tu a été à l’école, Qu est ce qu’il dit ce drôle de type ». Alors j’ai bien compris que j’avais enfin les moyens de faire mes preuves. J’ai entamé un combat à l’épée d’égal à égal : Ses dents contre ma patience, mes petites recettes, mon sens de l’observation, mon opiniâtreté et beaucoup de stress.
Au fait vous l’avez reconnu celui contre qui je lutte tous les ans sans jamais arriver vraiment à le connaître tout à fait, celui qui transforme les certitudes en entêtement primaire. Vous entendez dans le soir lointain son rire sardonique :
" My name is Diou,
Mil..diou"
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